J’ai fait un rêve…

  • Manifestation d'employés de la fonction publique en décembre 2019. FRANCIS HALLER

Oui, je sais, tout le monde rêve et toutes les insomnies ne passent pas à l’histoire. N’empêche. J’ai rêvé que j’étais au Palladium, près de 500 fonctionnaires y étaient réunis en assemblée pour débattre des mesures d’économie du Conseil d’Etat pour le budget 2021...

«La fonction publique doit se montrer solidaire avec la population qui souffre», attaque avec force et conviction une membre du comité du Cartel intersyndical. «Je vous rappelle que près de 90’000 personnes et environ 9000 entreprises étaient concernées par les RHT (réduction des horaires de travail) début septembre à Genève. Soit, une perte de salaire effective d’au moins 20%. Les perspectives de certains secteurs privés de l’économie genevoise sont si sombres que l’année 2020 sera marquée par une chute historique du PIB cantonal et un record de faillites. Et 2021 ne s’annonce pas mieux!»

Silence absolu dans la salle.

«La dette de l’Etat explose et les divisions au parlement risquent de bloquer une nouvelle fois tout vote du budget», reprend la syndicaliste. «Personne ne peut se permettre une telle débâcle. Dans cette crise sans précédent, le seul mot d’ordre qui vaille, c’est de se montrer solidaires avec la population. Renonçons à la prendre en otage, renonçons à toute grève!», lance-t-elle à la cantonade.

«L’urgence aujourd’hui, c’est de montrer que nous sommes conscients de nos privilèges du monde d’avant: sécurité de l’emploi, semaine à 40 heures pour un plein-temps, 5 semaines de vacances au minimum, pont pendant les fêtes de fin d’année. Baisser nos salaires de manière linéaire de 1% n’est certes pas juste mais nécessaire en attendant des jours meilleurs. Que les hauts fonctionnaires qui n’ont pas protesté après la perte de leur 14e salaire soient ici remerciés. J’ajoute, pour terminer, que renoncer aux annuités une année sur deux, c’est renoncer à une augmentation de salaire et que ne pas obtenir plus de postes, c’est avant tout la garantie de ne pas en perdre…»

Comme un seul homme, les participants à l’assemblée se sont levés. Tous ont commencé à applaudir à tout rompre le discours de la syndicaliste en larmes.

De mémoire de fonctionnaire, on n’avait jamais vu ça.

C’est à ce moment précis que je me suis réveillé…