Equateur: Suisse sud-américaine

Son incroyable biodiversité, la richesse de sa culture et la qualité de son offre gastronomique valent à l’Equateur un véritable boom touristique.

  • Le volcan Chimborazo (inactif) culmine à 6263 mètres. ©123RF/Fernando Tapia

  • Des marchés richement fournis. ©BP

  • La cacao est un produit d’exportation important. ©BP

  • Accueil des lamas à l’hacienda San Agustin de Callo. ©BP

  • Le pays a su conserver d’élégants vestiges coloniaux. ©BP

  • A Quito, l’église de San Francisco date du XVIe siècle. ©BP

  • L’Equateur est mondialement connu pour ses capes de cigares. ©BP

Assurément, ce n’est pas en référence à son climat politique que l’Equateur doit sa comparaison avec notre pays (lire encadré), pas davantage à sa météo capricieuse: chacun vous dira qu’en vingt-quatre heures, le temps peut y refléter les quatre saisons, avec une prépondérance brumeuse. «Qui n’aime pas les nuages, qu’il ne vienne pas en Equateur: ce sont les chiens fidèles de la montagne», écrivait Henri Michaux. Ce qui peut rappeler l’Helvétie, ce sont sans doute les impressionnants sites haut-perchés.

Aux amateurs de trek, les Andes équatoriennes proposent leur «Avenue des Volcans», une marche le long des Chimborazo, Cotacachi et autre Cotopaxi (5897 mètres), dont l’ascension peut constituer le couronnement d’une randonnée. Autre itinéraire au nom évocateur: le Capac Ñan – le vieux Chemin de l’Inca – qui reliait Cuzco à Quito. Trois jours de progression au pas des mules et du guide.

Pittoresque
En chemin, tous ces villages colorés où les vendeurs ambulants vous sollicitent avec leurs gâteaux de coco, leurs ananas, leurs morceaux de papaye ou leurs photos de jolies créatures dénudées en couverture d’Extra, le magazine à sensation. Sirotant une bière à la devanture des cybercafés, la jeunesse désœuvrée semble plus attentive au poste à transistors des années 1950 qui grésille la victoire au championnat de foot du Nacional de Quito sur le Barcelona Guayaquil, rival de toujours.

Les marchés locaux renferment l’âme du pays, le lieu où l’on croise sa population indígena. Les plus attachants sont ceux aux primeurs ou aux bestiaux, comme à Otavalo et Zumbahua. A chaque paysan sa petite récolte, présentée à même le sol.

Pays de Cocagne
L’Equateur est une corne d’abondance: palmiers, manguiers, ananas, noyers de Cajou ponctuent à perte de vue les haciendas qui cultivent aussi les cacaoyers. On visite des serres où sont clonées des boutures sélectionnées, les espaces où l’on pourfend les cabosses rougeâtres renfermant chacune leur quarantaine de graines entourées d’un mucilage sucré et acidulé. Plus loin, les étapes de nettoyage, fermentation, séchage et conditionnement du Cacao Nacional Arriba, la précieuse matière convoitée par nos plus grands chocolatiers, qu’ils torréfieront dans leurs manufactures. Les ouvriers suent à grosses gouttes, indifférents aux milliers de kilomètres que leur matière première devra parcourir pour séduire nos palais.

Précarité et contestation

L’Equateur souffre depuis longtemps d’instabilité politique. Entre 1996 et 2006, aucun gouvernement n’est parvenu à terminer son mandat. Le plus souvent, les crises n’ont trouvé de solution qu’en dehors du cadre institutionnel. Le pays a connu en 2018 un automne mouvementé. Comme en France au premier épisode des «gilets jaunes», c’est l’augmentation subite du prix des carburants qui a déclenché l’agitation sociale. Une partie de la population s’est estimée trahie par le virage néolibéral du président Lenín Moreno. Selon des chiffres «officiels», l’épisode se serait soldé par 8 morts, 1340 blessés et près de 1200 arrestations. Les piètres résultats économiques et sociaux, l’absence de grands travaux publics et les nombreux scandales de corruption qui touchent jusqu’au président lui-même expliquent l’impopularité du pouvoir.

Equateur en pratique

Y aller
Des vols relient Genève à Quito via Amsterdam.

Visiter
Les agences de voyages proposent des circuits en Equateur, avec ou sans prolongement vers les îles Galapagos.

Séjourner
Dominée par le mythique Cotopaxi – plus haut volcan actif de la planète, avec ses 5897 mètres – voici l’étape à ne pas manquer: l’historique monastère de San Agustin de Callo, bâti au XVIIe siècle sur les vestiges d’un temple inca, aujourd’hui transformé en hôtel de charme.

Découvrir
Quito (2850 mètres d’altitude) figure en deuxième place derrière La Paz (Bolivie) au palmarès des capitales les plus élevées. Vue du ciel, elle présente les deux visages d’une mégapole à la fois moderne et riche de son passé colonial, classé au patrimoine mondial par l’Unesco. Le centre historique a longtemps traîné une réputation de zone interlope. De gros efforts ont été entrepris pour améliorer sa sécurité.

Lire
Equateur (Guide Routard/Hachette)

Infos: www.pichonvoyageur.ch