«La BRAFA de Bruxelles est un véritable musée éphémère»

Rédigé par
Charaf Abdessemed
Culture & Loisirs

MARCHÉ DE L'ART - 150 galeries venant de 18 pays, dont la Suisse ! Ouverte au grand public, la prestigieuse BRAFA Art Fair, la célèbre foire d’art de Bruxelles aura lieu du 24 au 31 janvier 2027. Rencontre avec son patron Klaas Muller, toujours aussi enthousiaste après plusieurs années de présidence. 

Lausanne Cités : À quelques mois de son ouverture, la BRAFA affiche déjà complet. Comment expliquez-vous cet engouement ? 
Klaas Muller : Nous enregistrons en effet un taux de retour très élevé. La raison en est simple : lorsqu’un exposant réalise de bonnes ventes et/ou parvient à attirer de nouveaux clients, il a naturellement envie de revenir. Par ailleurs, en tant qu’association sans but lucratif, notre objectif n’est pas de maximiser les bénéfices, mais d’organiser le meilleur salon possible pour les professionnels. Nous accordons également une grande importance à l’accueil et à l’accompagnement de nos exposants, avec lesquels nous entretenons des relations personnelles étroites. 

La BRAFA renforce simultanément ses sections consacrées à l’art ancien, à l’art asiatique et au design, tout en accueillant pour la première fois l’horlogerie. Jusqu’où peut aller cet éclectisme sans que la foire perde son identité ? 
C’est une question à laquelle nous sommes particulièrement attentifs. D’un côté, nous souhaitons proposer aux visiteurs une offre aussi variée que possible, car c’est précisément cette diversité qui rend la visite plus passionnante et plus enrichissante. De l’autre, nous veillons à ce que les spécialités de niche restent proportionnées. Il est intéressant d’accueillir quelques stands consacrés à la joaillerie, à l’horlogerie, à l’art asiatique ou à d’autres domaines spécifiques, mais ceux-ci ne doivent pas prendre le dessus. Le cœur de la BRAFA reste l’art au sens large, de l’Antiquité à nos jours, ainsi que l’art ethnique et d’autres disciplines, qui représentent plus de 99 % de la foire.  

Comment la BRAFA se positionne-t-elle aujourd’hui face à la montée en puissance des foires spécialisées dans l’art contemporain ? 
Je suis fier de souligner que nous accueillons, cette année encore, plusieurs galeries de renommée internationale spécialisées dans l’art moderne et contemporain. Ce domaine conserve donc une place importante au sein de notre foire, et nous nous en réjouissons. Nous suivons naturellement ce qui se passe sur les autres salons, mais il est essentiel de rester fidèles à notre propre vision et de ne pas nous laisser trop influencer par les tendances du moment. Celles-ci sont souvent éphémères et, par définition, difficiles à suivre sur le long terme. 

Si vous deviez convaincre quelqu’un qui n’a jamais visité la BRAFA de venir en 2027, que lui diriez-vous ? 
Je lui dirais que la BRAFA est l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses foires d’art d’Europe et qu’elle attire chaque année un nombre record de visiteurs. Cela ne peut pas être un hasard, n’est-ce pas ? Plus sérieusement, la BRAFA est un véritable musée éphémère, que l’on a la chance de découvrir pendant quelques jours seulement, avant que de nombreuses œuvres ne regagnent des collections privées et ne redeviennent inaccessibles au public. C’est aussi une fête pour les visiteurs : un lieu où ils peuvent se laisser porter par la beauté des œuvres, faire des découvertes et, le temps d’une visite, oublier les soucis du quotidien. 

De manière plus générale, quel est aujourd’hui, selon vous, le principal changement dans le comportement et les attentes des collectionneurs ? 

Les collectionneurs connaissent aujourd’hui très bien le marché de l’art. Ils sont attentifs à la qualité, à la rareté, à l’état de conservation, à la provenance des œuvres et à bien d’autres critères. On peut dire, sans exagérer, que même le collectionneur moyen est devenu plus averti et plus professionnel. Les exigences sont nettement plus élevées qu’il y a une vingtaine d’années, ce qui est tout à fait compréhensible. Les marchands doivent donc s’adapter à cette évolution et s’appuyer davantage sur la recherche, les analyses scientifiques et une documentation toujours plus approfondie.  J’observe également un intérêt croissant pour l’originalité. Les collectionneurs semblent aujourd’hui moins rebutés par des sujets autrefois considérés comme difficiles, notamment dans le domaine de l’art religieux.  

Enfin, à titre personnel, après plusieurs années à la présidence de la BRAFA, qu’est-ce qui continue de vous surprendre dans cette foire ? 
Je reste émerveillé par tout ce que nous avons réussi à accomplir au fil des années grâce à la BRAFA. Nous avons mené à bien de nombreux changements et avons parfois dû surmonter des difficultés. Mais lorsque l’on est entouré de personnes solides et engagées, et que l’on bénéficie parfois de soutiens là où on ne les attendait pas, on peut véritablement faire bouger les choses. C’est vrai sur le plan professionnel, bien sûr, mais aussi sur le plan humain et personnel. 

BRAFA Art Fair, du dimanche 24 au dimanche 31 janvier 2027, de 11h à 19h à Brussels Expo (Palais 3, 4 & 8), Place de Belgique 1, 1020 Bruxelles. Une nocturne aura lieu le jeudi 28 janvier 2027, jusqu’à 22h. www.brafa.art/fr 

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