ENVIRONNEMENT • L’installation, qui émane du vice-présisent d’une association de défense de propriétaires, suscite de nombreuses interrogations au sein du quartier.
De nombreux habitants de Conches s’inquiètent d’un projet d’implantation d’une antenne de téléphonie sur un terrain constructible privé situé à proximité immédiate de leurs habitations. Une perspective qui suscite des interrogations et du mécontentement dans le quartier. Si elle voyait le jour, cette antenne de 20 mètres dominerait largement le bâti environnant, caractéristique d'une zone villa.
L’émoi est d’autant plus grand que, selon une riveraine que nous avons interrogée, le propriétaire du terrain concerné n’est autre qu’Alain Burri, vice-président de l’Association Pic-Vert Assprop Genève, une organisation qui défend les intérêts des propriétaires immobiliers genevois. Notre interlocutrice relève une apparente contradiction avec les objectifs affichés par l’association. Sur son site, Pic Vert Asspro indique en effet qu’elle «défend les intérêts de propriétaires individuels de biens immobiliers situés dans le canton de Genève, en encourageant une qualité de vie durable s’inscrivant dans une croissance raisonnée et un bâti qui respecte l’environnement et la mixité sociale». L’association précise également qu’elle se consacre «à l’étude des questions relatives à l’aménagement du territoire, à la protection de l’environnement et à la protection des monuments, de la nature ou des sites».
Pour cette habitante de Conches, la situation soulève une question: «Faites comme je dis, pas comme je fais?».
Nouvelles générations d’antennes
Interrogé à ce sujet, Alain Burri se montre parfaitement transparent. «J’ai en effet conclu un contrat avec Swisscom. La somme perçue me permet de réaliser la construction de ma maison», explique-t-il. Il précise toutefois ne pas être autorisé à révéler le montant versé par l’opérateur de télécommunications.
Concernant les inquiétudes exprimées par certains riverains, il répond : «Si j’entends leurs craintes, je dois toutefois dire que, d’une part, je vais résider dans cette maison avec ma famille et que je ne les exposerais pas au moindre risque. Les nouvelles générations d’antennes sont parfaitement inoffensives. Les émissions sont au minimum lorsque les téléphones ne sont pas utilisés.»
Alain Burri affirme également avoir informé ses voisins directs de la future présence de l’antenne sur son terrain. Il rappelle par ailleurs que la demande d’autorisation déposée par Swisscom suit la procédure habituelle et que les opposants disposent de voies de recours prévues par la loi. Quant à la différence entre les objectifs défendus par l’association et sa décision personnelle d’accueillir une antenne sur son terrain, il estime qu’il n’y a pas de contradiction. «Nous défendons scrupuleusement les intérêts de nos membres, y compris lorsqu’ils s’opposent à des antennes pour de justes motifs. En l’occurrence, mon choix est fait à titre individuel. Je ne vois pas d’incompatibilité, étant précisé que je suis aussi propriétaire comme certains de mes voisins.»
Le dossier suscitera-t-il des oppositions et recours formels de la part des habitants concernés, alors que la procédure d’autorisation suit son cours? «Y a-t-il des servitudes qui permettraient à ces habitants de s'opposer au projet devant les tribunaux civils? Se posera enfin, le cas échéant, la question de savoir si un éventuel créancier hypothécaire a été informé du projet d’antenne – une installation de cette nature pouvant avoir une incidence sur la valeur du gage immobilier», se demandent certains résidents de Conches. Affaire à suivre…