MULTIMÉDIA - Le 5 juin 2026, la Nintendo Switch 2 fêtait sa première année d’existence. Elle portait à sa sortie de nouveaux défis, de nouveaux espoirs, mais aussi de nouvelles craintes, d’autant qu’elle avait pour lourde mission de succéder à la première Nintendo Switch.
Cette dernière a été un carton monumental qui, si sa dynamique se poursuit, pourrait devenir la console la plus vendue de l’histoire du jeu vidéo, devant la mythique Playstation 2. La relève a néanmoins commencé fort: dès sa sortie, la Switch 2 est devenue la console avec le meilleur démarrage qu’ait connu l’industrie en termes de ventes, avec 5,82 millions d’unités écoulées en seulement un mois.
Entre le retour en force des éditeurs tiers, les exclusivités attendues au tournant et un prix de vente sujet à débat, la console a bousculé le marché. Un an après sa sortie, tient-elle vraiment toutes ses promesses?
Des finances records, mais un marché qui reste prudent
Malgré un bénéfice net de 2,1 milliards de CHF et des ventes record en hausse de 98,6%, le marché a été déçu lors du dernier bilan de Nintendo. Ce mécontentement est toutefois à nuancer car avec plus de 20 millions d’unités écoulées, la Switch 2 dépasse déjà sa grande sœur sur la même période. Face à un contexte économique difficile marqué par la chute du yen, les tensions géopolitiques et la hausse du prix de la RAM, Nintendo reste prudent et anticipe une baisse de 27% de ses bénéfices à venir en raison de l’augmentation des coûts de production.
Concurrencée par... elle-même
Pour éponger ces coûts et rassurer les investisseurs, Nintendo répercute d’ailleurs la facture sur les joueurs: dès le 1er septembre 2026, la Switch 2 passera en Europe de 469,99 CHF à 499,99 CHF. Le boost des éditeurs tiers Le catalogue s’étoffe petit à petit grâce notamment aux éditeurs tiers. On a pu voir des blockbusters qui n’auraient jamais pu sortir sur la première génération, comme Resident Evil Requiem, Pragmata ou des portages majeurs tels que Cyberpunk 2077 et Final Fantasy 7 Rebirth.
Durant cette première année, la firme a surtout laissé de la place aux éditeurs tiers, se contentant de versions optimisées comme celles de Super Mario Wonder, Kirby et le monde oublié ou Animal Crossing: New Horizons, ainsi que quelques succès ciblés comme Pokémon Z-A, Pokopia et Tomodachi Life. Beaucoup de joueurs restent donc encore à convaincre et malheureusement, Mario Kart World et Donkey Kong Bananza n’ont pas confirmé leur statut de locomotive.
Sa plus grande concurrente reste sans doute la première Switch, son catalogue inépuisable et son petit prix. De plus, la nouvelle console manque d’un atout majeur: l’annonce de GTA VI. Pour l’instant, Sony a le champ libre pour capitaliser sur ce lancement historique, qui risque d’éclipser tout le marché pendant de longs mois, y compris Nintendo.
Si les jeux ne font pas tout et que la grogne persiste autour de l’écran LCD actuel, laissant les joueurs dans l’attente d’une indispensable déclinaison OLED, l’avenir reste tout de même radieux pour Nintendo. Leur véritable force réside toujours dans leurs exclusivités, et ils gardent de précieuses cartouches en réserve avec les futurs Super Smash Bros., Mario, Zelda, ainsi que le très attendu Pokémon Vent et Vague qui a déjà été annoncé. Pour l’instant, l’artisan japonais n’a donc pas à s’inquiéter: même s’il sera difficile de réitérer le casse du siècle de la première Switch, cette deuxième génération a toutes les cartes en main pour transformer l’essai et s’imposer sur la durée.