La revue genevoise 2026 
fait son cirque à Plainpalais

Rédigé par
Adélita Genoud
Genève

Spectacle • La Revue genevoise 2026 fait son cirque ou presque. Au sens propre comme au figuré. Cette année, le grand rendez-vous des Genevois change de décor et prend ses quartiers sous trois immenses chapiteaux imaginés par le producteur du spectacle musical, Frédéric Hohl. Une installation spectaculaire, à la hauteur des irrévérences attendues, avec gourmandise, de la troupe.

Le changement n’est pas seulement affaire de lieu. Côté espace et confort, les aficionados de l’exercice de haute voltige humoristique vont clairement y gagner. Sur quelque 5000 m², le nouveau théâtre offre un cadre beaucoup plus généreux pour accueillir artistes et spectateurs. L’endroit compte notamment un élégant espace baptisé du nom de la comédienne disparue Claude-Inga Barbey, un restaurant XXL et une scène de 24 mètres de largeur, de quoi permettre aux artistes de voir grand et aux décors de ne plus avoir à jouer des coudes.
Dans l’auditorium, 570 places attendent le public. Un espace pensé pour la Revue, mais pas uniquement. Car le lieu a vocation à vivre au-delà de cet incontournable rendez-vous de fin d’année et pourra être mis à disposition des acteurs culturels genevois.
Mais derrière les paillettes, les décors et les éclats de rire, la Revue est aussi une véritable machine économique et humaine. Cette édition mobilise quelque 100 personnes, qui travaillent directement à la réalisation du spectacle. En coulisses, l’écriture représente à elle seule près de 400 heures de travail, nécessaires pour transformer l’actualité genevoise en bons mots, en personnages et en sketches. Et l’enjeu dépasse largement les portes des chapiteaux: la Revue devrait générer quelque 7,5millions de francs de retombées économiques pour la région. 
Sur scène, justement, la formule évolue. Pour cette édition 2026, la Revue semble vouloir mettre un peu moins l’accent sur la comédie musicale et davantage sur le pastiche, la caricature et le commentaire acéré de l’actualité genevoise.
Et de l’actualité, les auteurs n’en manquent pas. L’équipe d’écriture a de quoi faire. Aux côtés du comédien Laurent Deshusses, on retrouve à la mise en scène, Ylan Assefy-Waterdrinker pour les parties musicales et Jean-Luc Barbezat, figure bien connue de l’humour romand et ancien complice d’Alain Cuche au sein du célèbre duo Cuche et Barbezat. A leurs côtés, dix auteurs dont le Strasbourgeois Denis Germain, tous rompus à la raillerie viennent compléter l’équipe.
Sobrement intitulé Cap sur la plaine de Plainpalais, la Revue 2026 promet de faire feu de tout bois: les urgences des HUG, le G7, les F-35, les grandes décisions politiques, les petites querelles suisses de m… (si on ose paraphraser ce qui semble se dire à la Comédie), laquelle n’échappera pas aux coups de griffes des auteurs.
La valse des personnages
Et les personnages ne manquent pas. Politiques, fonctionnaires, dirigeants, personnalités locales et autres habitués des micros et des plateaux constituent, souvent malgré eux, une formidable galerie de personnages. Celles et ceux qui font Genève servent ainsi copieusement la soupe aux auteurs de la Revue. Tiens, sans vouloir troubler le sommeil de la conseillère d’Etat Carole-Anne Kast, la magistrate pourrait bien être cette année la reine du bal.
La Revue, c’est aussi cet exercice délicat qui consiste à se moquer de tout le monde sans épargner personne. Une tradition bien genevoise. 
Avec ses nouveaux chapiteaux, son auditorium de 570 places, sa vaste scène et cette volonté affichée de privilégier les sketches, la Revue genevoise 2026 semble donc vouloir renouer avec une forme plus directe, plus piquante et plus proche de l’esprit râleur des empêcheurs de tourner en rond de la cité de Calvin.

Du 29 octobre au 31 décembre, plaine de Plainpalais. Les dimanches: brunch suivi du spectacle. Infos: www.larevue.ch

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