"Les jardins familiaux doivent être défendus en permanence"

Rédigé par
Marie Karatsouba
Société

NATURE •  Entre listes d’attente qui s’allongent et terrains pas toujours faciles à trouver, les jardins familiaux doivent composer avec une urbanisation qui grignote du terrain. Point de situation avec Thierry Houlmann, président de la Fédération genevoise des jardins familiaux.

GHI: Aujourd’hui, combien de familles profitent de vos jardins? 
Thierry Houlmann: Nous comptons 1810 membres pour environ 2000 parcelles réparties sur 26 sites dans 16 communes. A cela s’ajoutent 520 personnes en liste d’attente. Des chiffres qui confirment l’attrait pour cette pratique, portée à la fois par une envie de nature, de lien social et, tout simplement, par le plaisir de cultiver son lopin de terre.

– Peut-on parler d’une expansion? 
Oui, deux nouveaux projets sont en cours. D’abord, le groupement de Champ Bossu à Vernier avec 31 parcelles qui vont être créées. En parallèle, une trentaine de parcelles devraient voir le jour à Onex, dans le groupement de la Caroline. Leur réalisation est attendue dans le courant de l’année à venir.

– Quelles sont les principales difficultés pour créer de nouvelles parcelles? 
Trouver des terrains disponibles est de plus en plus complexe avec la densification du canton. Il n’est pas possible non plus d’utiliser les zones agricoles, ce qui restreint fortement notre marge de manœuvre. Nous travaillons donc en étroite collaboration avec les communes, qui peuvent parfois nous affecter certains terrains moyennant une location. 

– Au vu des constructions galopantes, les jardins familiaux sont-ils menacés?
Ils doivent être défendus en permanence. Nous entretenons des échanges réguliers avec les autorités et participons aux travaux du plan directeur cantonal. Cela nous permet de faire valoir l’importance de ces jardins, à la fois comme lieux de loisirs et comme espaces utiles à la collectivité. 

– Sur le terrain, quels sont les défis pour les familles exploitantes? 
En ce moment, elles doivent surtout faire face à la présence d’espèces invasives. Le frelon asiatique fait l’objet d’une surveillance très active par des bénévoles formés, qui interviennent directement sur les sites. Quant au moustique tigre, nous mettons l’accent sur la prévention, avec des campagnes de sensibilisation pour éviter les eaux stagnantes, souvent responsables de sa prolifération.

– Concrètement, comment décrocher une parcelle? 
Il faut passer par le site de la fédération, remplir un formulaire et s’inscrire. Ensuite, il faut s’armer de patience. Le délai d’attente peut atteindre environ deux ans, en raison du nombre limité de jardins disponibles. Et bien entendu, nous donnons la priorité aux familles avec des enfants. 

Infos: fgjf.ch

En savoir plus