«L’Odyssée», immortel péplum

Rédigé par
Thomas Lécuyer
Culture & Loisirs

CINÉMA - Ulysse sauce Nolan, servi avec son gratin hollywoodien, vaut le détour en salles pour son tournage dantesque, ses décors naturels et son utilisation raisonnée du numérique.

On a tous en nous quelque chose de L’Odyssée, comme le chantait (presque) Johnny. Des réminiscences de cours, des flashbacks avec Kirk Douglas, Ulysse dans l’inoubliable péplum de 1954, le générique culte du dessin animé Ulysse 31, des séances de psy. Ulysse sauce Nolan, servi avec son gratin hollywoodien, vaut le détour en salles pour son tournage dantesque, ses décors naturels, son utilisation raisonnée du numérique pour donner corps à cette mythologie de la manière la plus claire et organique possible, son «Matt Damon show» bien servi et un curieux paradoxe qui, au final, sert le film: en voulant signer une lecture plus contemporaine de l’Odyssée, Christopher Nolan convoque en fait toute l’imagerie classique du péplum, rehaussée des stars du moment, d’effets spéciaux au top, et une maîtrise formelle impressionnante. 

Pour une version «réaliste» du mythe, qui aurait pu correspondre à la vérité historique, on peut passer notre chemin. Christopher Nolan signe en revanche un classique instantané, gorgé de morceaux de bravoure mais sans esbroufe.

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