UNIONS • Des soirées de rencontres pour célibataire réunissant jusqu’à 700 personnes. Voilà le nouveau concept qui débarque à Genève. Organisé par «Rendevu», l’objectif consiste à rassembler des personnes autour de centres d’intérêt communs, allant de la soirée dansante au café céramique, en passant par des olympiades ou des ateliers. Différents intervenants sont également sollicités: sexologues, professeur de danse, coachs sportifs, animateurs. Un cocktail original qui permet d’aborder les rencontres différemment à l’heure ou le virtuel s’impose comme la norme. Décryptage avec Pierre Starkov, à l’origine de ces événements d’un nouveau genre.
– Qui sont les participants?
Ils ont en grande majorité entre 25 et 45 ans, avec un bel équilibre entre hommes et femmes — c'est d'ailleurs un point auquel nous veillons attentivement pour que chaque soirée reste agréable. Ce sont des actifs: profils variés, du secteur médical à la finance, en passant par des créatifs et des indépendants. Le point commun n'est pas la profession ou le «niveau social», c'est l'état d'esprit: des personnes ouvertes, bienveillantes, qui ont envie de faire de belles rencontres dans un cadre sain. La seule vraie condition, c'est d'être célibataire et de venir avec l'envie de partager un bon moment.
– Pouvez-vous nous présenter le concept?
L'idée est née d'un constat simple. Aujourd'hui, il est facile de rencontrer quelqu'un qui nous plaît physiquement sur une application. Mais pour qu'une relation dure, il faut partager les mêmes envies, le même rythme de vie, la même façon de voir les choses. Nous avons voulu créer des moments où les gens se rencontrent en faisant quelque chose ensemble, pas seulement en se regardant. C'est là que les vraies affinités se révèlent. Concrètement, «Rendevu» repose sur trois piliers. D'abord les événements: tous les formats, en intérieur comme en plein air, gratuits ou payants, réservés aux célibataires ou ouverts à tous. Et le concept se décline au-delà des soirées: nous lançons par exemple un rendez-vous pour propriétaires d'animaux, organisé dans les cabinets vétérinaires, ainsi qu'un autre autour du networking pour faire se rencontrer les gens dans un cadre professionnel. L'idée reste la même: réunir des personnes qui partagent quelque chose. Ensuite les cadeaux: il y a systématiquement des lots à gagner grâce à nos sponsors et aux commerçants locaux. Enfin la communauté: les rencontres ne s'arrêtent pas à la fin de la soirée. Les participants restent en contact et continuent à faire connaissance entre les événements.
– Comment expliquer l’attrait pour ce type de rencontres spécifiques? Une certaine lassitude des applis de rencontres classiques?
Il y a clairement une fatigue des applications. Elles ont leur utilité, mais beaucoup de gens en ressortent épuisés: des heures à swiper, des conversations qui ne mènent nulle part, des rendez-vous qui déçoivent. Le paradoxe, c'est qu'on n'a jamais eu accès à autant de profils et qu'il n'a jamais été aussi difficile de créer un lien réel. Notre approche répond à ce besoin de revenir à l'essentiel: se voir en vrai, dans une ambiance détendue, et juger d'une personne par sa présence, son rire, sa façon d'être – pas par une photo.
– Plus largement, que pouvez-vous dire sur les difficultés de certains à faire des rencontres? Un problème d'aujourd'hui?
Faire des rencontres est devenu paradoxalement plus compliqué dans une société hyper-connectée. On vit plus seuls, on sort moins de nos cercles habituels, et le digital a un peu désappris aux gens l'art d'aborder quelqu'un. Beaucoup de personnes nous disent qu'elles ne sauraient même plus où rencontrer quelqu'un en dehors du travail. C'est un vrai enjeu de société. Notre rôle, c'est de recréer ces espaces de rencontre qui existaient naturellement avant, mais dans un format pensé pour aujourd'hui – convivial, sans pression, et où tout le monde est là dans le même état d'esprit.
– Beaucoup de couples se sont-ils formés lors de ces rencontres?
Oui, d'après ce que nous entendons, plusieurs personnes se sont mises en couple à la suite de nos événements. Nous n'avons pas toujours le fin mot de l'histoire – les gens repartent avec un numéro et nous donnent rarement la suite – mais les retours sont là. Et il arrive aussi qu'on retrouve certains participants qui reviennent plusieurs fois, à différents événements qu'on organise: c'est plutôt bon signe sur l'ambiance et sur l'envie de faire de belles rencontres chez nous.
Nous voyons régulièrement des affinités se créer, et plusieurs participants nous ont recontactés pour nous dire qu'une belle histoire avait commencé chez nous. C'est aussi pour ça que nous misons sur les centres d'intérêt communs: ce sont ces histoires-là qui ont le plus de chances de durer.
– Qu'observez-vous auprès de vos participants?
Ce qui nous touche le plus, c'est de voir les gens arriver parfois un peu intimidés et repartir avec le sourire, des numéros, parfois de nouvelles amitiés en plus des rencontres amoureuses. Les retours portent souvent sur l'ambiance: les participants apprécient de ne pas se sentir «sur un marché», mais simplement à une bonne soirée. C'est exactement ce que nous recherchons.