Chapatte: "Cette exposition est là pour rappeler le courage des dessinateurs de presse!"

Rédigé par
Marie Karatsouba
Genève

A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse et de la remise du Prix international du dessin de presse le 4 juin, la fondation Freedom Cartoonists, en collaboration avec Cartooning for Peace en France et Cartoonists Rights aux Etats Unis, présente la 9e édition de Dessins pour la liberté, une exposition dédiée au regard des dessinateurs sur les enjeux du monde actuel. Trois questions à Chappatte, président de la fondation.


GHI: Que va découvrir le public sur le quai Wilson?  
Chappatte: Une soixantaine de dessins signés par 35 artistes venus de 23 pays, exposés dans le plus bel écrin du monde face au Jet d’eau. Un best-of du dessin de presse international autour de trois thèmes brûlants: les nouveaux empires, l’intelligence artificielle et le recul des libertés. Des œuvres mordantes, parfois frontales, dont celles des lauréats du prix international.

Quels ont été vos critères de sélection? 
Nous avons privilégié une grande diversité de styles, de cultures et de continents. Le dessin de presse reste souvent très local, alors que cette exposition lui offre une portée internationale rare. Europe, Afrique, monde anglo-saxon, l’objectif est de croiser les points de vue et les horizons. Parmi eux, Terry Anderson, dessinateur écossais et directeur de l’ONG Cartoonists Rights, ou Mana Neyestani, dessinateur iranien exilé à Paris, invité à la fois comme ancien lauréat et pour la résonance de son témoignage avec l’actualité.

Le dessin de presse est-il menacé aujourd’hui? 
Plus que jamais. Le recul des libertés touche directement la presse et donc les dessinateurs. Leur force réside dans le pouvoir du ridicule, qui dérange les régimes autoritaires. Dans certains pays, publier un dessin peut coûter cher. L’exposition est là pour rappeler ce courage. 

Jusqu'au 31 mai sur le quai Wilson.  Info: freedomcartoonists.com
 

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