CINÉMA D’HORREUR - À la fois respectueux de l'héritage d'Evil Dead et résolument contemporain, ce nouveau volet réussit l'exploit de relancer la franchise avec une identité propre, et un petit je-ne-sais-quoi savoureux.
Après avoir fait sensation avec Vermines, Sébastien Vaniček s'attaque à un monument du cinéma d'horreur, initié par Sam Raimi en 1981. Le pari était risqué, et il est largement relevé. A l’instar de la house music, y-aurait-il une french touch du cinéma d’horreur ? En tous cas, le réalisateur français ne cherche pas à singer Sam Raimi, mais plutôt à imprimer sa propre marque, plus intime (le film aborde de manière inattendue le problème des violences conjugales), plus radicale aussi parfois (des sommets de brutalité malaisante par moments !) sans jamais renoncer à ce qui fait l'ADN de la saga: un déluge de sang, de possession démoniaque et d'inventivité macabre.
En s'éloignant du côté gaguesque de certaines scènes des volets originaux, qui jouaient volontiers la carte du slapstick zombie, Sébastien Vaniček gagne en rugosité dans ce cauchemar sur grand écran à la forme impressionnante, portée de bout en bout par l’énergie dantesque de la comédienne Souheila Yacoub. À la fois respectueux de l'héritage d'Evil Dead et résolument contemporain, ce nouveau volet réussit l'exploit de relancer la franchise avec une identité propre, et un petit je-ne-sais-quoi savoureux, peut être grâce à Jacques Brel et Alain Barrière dans une B.O. complètement décalée, ou à la voix d’Alain Chabat qu’on peut entendre depuis un combiné ?