G7: récit d’une folle journée

Rédigé par
Tadeusz Roth
Genève

 Le cortège du 14 juin a réuni environ 20'000 personnes d’après les forces de l’ordre, 30'000 d’après les manifestants. Plusieurs centaines de casseurs ont profité de l’occasion pour infiltrer le cortège et affronter la police.

«Aucun blessé n’est à déplorer à l’heure actuelle. Quant aux dégâts matériels, ils demeurent limités au regard du nombre important d’éléments perturbateurs identifiés», estiment les autorités genevoises dans un communiqué publié à l’issue de la grande manifestation contre le G7, qui a réuni des dizaines de milliers de personnes dimanche 14 juin sur la rive droite de Genève. Un rassemblement qui a fédéré des causes très diverses, allant de la grève féministe à la cause palestinienne, en passant par des revendications politiques, syndicales et associatives. Leur combat? Se mobiliser contre l’impérialisme et les guerres, contre le capitalisme et contre le fascisme. 
«Une crise généralisée secoue le capitalisme mondial: afin de maintenir l’hégémonie du Nord global, les membres du G7 – ses principaux acteurs – se radicalisent. Cette recomposition de l’ordre mondial nourrit directement la prise de pouvoir de l’extrême-droite», estime notamment la coalition No G7, à l’origine de l’organisation de la manifestation. Reportage au cœur de l’événement.
Débordements 
Parti du parc Mont-Repos, à deux pas de la Perle du Lac, le cortège a longé les quais jusqu’à la rue des Alpes sans débordements, avant qu’une voiture (Tesla) ne soit incendiée au niveau de la gare routière. A partir de ce moment, des vitrines et du mobilier urbain ont été ciblés par plusieurs centaines de casseurs, qui ont également jeté des projectiles en direction de la police. Parmi les bâtiments visés, des banques, des entreprises et des organisations internationales.
De leur côté, les forces de l’ordre ont riposté avec du gaz lacrymogène, mais également en déployant un camion autopompe, équipé d’une lance à eau, alors que les affrontements s’intensifiaient. A noter qu’un important travail a été mené en amont de la manifestation, avec de nombreuses saisies d’objets dangereux: des couteaux, des haches, des matraques télescopiques, des boules de pétanques et des engins pyrotechniques. La police annonce alors la fin de la manifestation et invite les participants à quitter les lieux en tout début de soirée. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont choisi de rester sur place, avant d’être encerclés par les agents pendant plusieurs heures. 
Situation confuse
Vers minuit, la situation était toujours confuse: les derniers manifestants n’ont été évacués que bien plus tard dans la nuit. Bilan des arrestations? 28 personnes en rétention et 3 arrestations préventives. Parmi les interpellations, celle de la Vaudoise Mathilde Marendaz (Ensemble à gauche et POP), menottée et emmenée au poste avant d’être libérée. 
Si la police se félicite de dégâts limités, la coalition No G7 dénonce des cas de violences policières et affirme que «les personnes nassées n’avaient pas d’accès aux toilettes ni à de la nourriture ni aux soins de base» malgré des situations de détresse psychologiques et physiques. Vers minuit, un rassemblement se serait également formé devant le poste de police de la Gravière pour accueillir les personnes interpellées.

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