Standard & Poor's s’inquiète pour Genève

Genève

L'agence Standard & Poor's (S&P) confirme la note de référence à long terme AA+ du canton de Genève. Elle a en revanche révisé la perspective qui lui est associée de "stable" à "négative". 

Pour la première fois depuis le cycle de relèvements amorcé en 2022, la trajectoire de la notation du canton risque ainsi de s'inverser. L'agence est notamment préoccupée par la croissance non maîtrisée des dépenses de l’Etat. Elle anticipe que l'épargne brute du canton (capacité à dégager des ressources propres pour investir et se désendetter) tombera sous la barre des 5% des recettes de fonctionnement et ne représentera plus que 3,9% en moyenne entre 2026 et 2028. Le diagnostic repose sur le fait que ce ratio s'élevait encore à 16,5% en 2023 et à 4,1% en 2025.

Plusieurs facteurs expliquent la dynamique observée par S&P, à commencer la forte progression des dépenses sociales, la hausse marquée de la contribution genevoise à la péréquation intercantonale et la montée des dépenses de santé avec l'entrée en vigueur de la réforme EFAS dès 2028, explique le canton dans un communiqué. A cela s'ajoute l'incertitude sur les recettes fiscales, estime l’agence de notation, que le conflit au Moyen-Orient rend plus volatiles.

Péjorer les conditions d'emprunt

Pour rappel, une note S&P qui se dégrade a pour conséquence directe de péjorer les conditions d’emprunt du canton. Une telle situation pourrait aussi réduire la capacité de l’Etat à lever des fonds sur les marchés financiers, indispensables pour financer les grands projets durables comme des écoles publiques, des dispositifs de mobilité et des infrastructure de santé.

S&P relève que le Conseil d'Etat a présenté un ensemble de mesures d'économies d'environ 500 millions de francs à l'horizon 2029 et qu'un groupe de travail indépendant mandaté par le canton a identifié un potentiel d'efficience comparable. L'agence souligne toutefois que l'adoption et la mise en œuvre de ces mesures constituent le test déterminant des prochains mois, qui devra franchir l'épreuve du parlement, des communes et, le cas échéant, du référendum populaire.

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