MOBILITÉ • Au Grand-Saconnex, résidents comme population de passage s’adaptent tant bien que mal au vaste chantier.
Depuis l’automne 2025, les habitants du Grand-Saconnex vivent au rythme des travaux du futur tram des Nations. Entre bus détournés, routes encombrées et automobilistes contraints à de longs détours, le chantier transforme durablement le paysage et le quotidien de la commune.
Le visage du Grand-Saconnex a déjà profondément changé: sur la route de Ferney, des dizaines d’arbres ont été abattus et plusieurs bâtiments démolis afin de libérer l’espace nécessaire au chantier du tram des Nations. Ce dernier, qui reliera Ferney-Voltaire à la gare Cornavin, est prévu pour décembre 2028 et permettra d’effectuer un trajet en 24 minutes, promettant une amélioration significative de la mobilité dans la région. Mais avant que ces bénéfices se fassent pleinement sentir, les habitants doivent composer avec un quotidien fortement perturbé. Les travaux, étendus et complexes, ont entraîné de nombreuses déviations des lignes de bus, affectant directement les usagers des transports publics. Ces perturbations se traduisent par des trajets plus longs et des itinéraires détournés, comme le raconte un habitant: «Aux heures de pointe, il arrive que le parcours entre la commune et la gare Cornavin dure près de 30 minutes alors qu’il en faut habituellement la moitié. Parfois, il m’arrive de prendre le bus jusqu’à l’aéroport puis le train pour me rendre au centre-ville, c’est souvent plus rapide», confie le quadragénaire.
Automobilistes prétérités
Les automobilistes ne sont pas épargnés non plus. La reconfiguration du trafic rend certains déplacements plus longs et plus contraignants. «Aujourd’hui, on est obligés de contourner toute la commune pour en sortir, alors qu’il y a encore quelques décennies, c’était un petit village sympathique et simple à parcourir», témoigne Laurent Grolimund, un Saconnésien. Un autre résident souligne les effets en cascade sur le réseau routier local: «On voit clairement les impacts des travaux sur des axes comme Colovrex, Terroux-Sarasin ou encore le Pommier. La circulation s’est reportée un peu partout. Mais ce qui est frappant, c’est que beaucoup d’automobilistes évitent le tunnel des Nations quand ils arrivent par la route de Ferney. Il y a trop de feux, on en compte six jusqu’à la place des Nations, ce qui ralentit énormément. Du coup, pas mal de gens préfèrent passer par le passage des Alpes et par Grand-Pré. C’est souvent plus rapide que de passer par l’OMC, l’avenue de la Paix ou le tunnel des Nations.»
Différentes mesures
Bien que certains conducteurs continuent d’éviter la récente infrastructure, celle-ci reste pour les autorités une première mesure clé pour désengorger le trafic. Marc-André Siegrist, secrétaire général adjoint en charge de la communication du Département de la santé et des mobilités (DSM), précise: «Différentes mesures sont prises par l’Etat de Genève pour limiter les impacts du chantier sur les mobilités. La première a été la mise en service de la route et du tunnel des Nations en mars 2024, ce qui permet de compenser la fermeture partielle de la route de Ferney pendant les travaux et de rediriger le trafic une fois le tram mis en service. En fonction des différentes étapes et périmètres géographiques du chantier, des dispositions sont prises au cas par cas, que ce soit en adaptant les feux de circulation pour fluidifier la circulation ou en proposant des itinéraires de déviations simples et directs. Des analyses de trafic sont régulièrement effectuées afin d’évaluer les mesures adoptées et déterminer d’éventuelles améliorations. En parallèle, le maître d’ouvrage principal du chantier, l’Office cantonal du génie civil, a mis en œuvre un important dispositif de communication pour informer les habitants et les usagers des mobilités impactés par les étapes du chantier. Il inclut un blog dédié (tramdesnations.ge.ch), la distribution régulière de fiches explicatives en tous-ménages, l’ouverture d’un pavillon physique d’information et la publication d’annonces dans la presse.»