Pour la première fois en France et en Suisse, quatre paires donneur/receveur ont été opérées de manière coordonnée dans le cadre d’un don croisé de reins avec donneurs vivants.
Inédit, ce « quadruplet » constitue un défi médical et logistique considérable. Une patiente genevoise, en attente d’une transplantation de rein, a pu bénéficier d’une greffe grâce à un quadruple don croisé réalisé avec le pool de donneurs de l’Agence de la biomédecine en France et les CHU de Montpellier, Reims et Toulouse. C’est la première fois qu’une telle chaîne transfrontalière prend forme et rend ainsi possible une transplantation avec groupe sanguin compatible alors que la receveuse et sa donneuse vivante présentaient une incompatibilité. Au total, huit interventions interdépendantes ont été réalisées dans un délai maximal de 24 heures, conformément à la législation.
En élargissant le pool de donneurs et receveurs, les greffes croisées internationales ouvrent des perspectives très encourageantes pour les patients, malgré les défis organisationnels qu’ils représentent. Le don croisé permet en effet de surmonter une incompatibilité sanguine et/ou immunologique entre un donneur vivant et son proche malade. Il consiste à apparier plusieurs paires donneur/receveur incompatibles entre elles, mais compatibles de façon croisée et anonyme avec une autre paire.
Chaque mois, l’Agence de la biomédecine identifie les appariements possibles à partir des paires inscrites dans ce programme. Plus leur nombre est élevé, plus les chances de compatibilité augmentent à l’échelle nationale. Une fois les appariements identifiés, les équipes médicales réalisent les tests de compatibilité finaux afin de confirmer l’absence d’incompatibilité entre les paires croisées.