Flore Teysseire, cette passionaria qui 
se bat pour faire tourner les boutiques genevoises

Rédigé par
Adélita Genoud
Genève

ÉCONOMIE • Attaqués de toute part, les commerces genevois ont trouvé  leur passionaria qui se bat bec et ongles pour défendre leurs intérêts.

Flore Teysseire n’a pas sa langue dans sa poche. La jeune porte-drapeau de Genève Commerces ne mâche pas ses mots pour défendre les intérêts des enseignes genevoises. Elle croit à la force de l’argumentation et à la nécessité de faire valoir ses droits. «On ne peut pas juste rester passif et espérer que d’autres prendront des décisions qui nous sont favorables», affirme-t-elle.
Ses origines valaisannes y seraient-elles pour quelque chose? «Toute petite, j’avais déjà la tête dure», confie-t-elle avec humour. Mais derrière ce tempérament affirmé se dessine une méthode: examiner les différents points de vue, comprendre les arguments adverses et défendre sa position lorsqu’elle l’estime fondée. «Il faut oser dire et savoir dire.» Pour elle, il est important de monter au front, notamment lorsque des décisions politiques sont prises sans que les personnes concernées aient été consultées.
Flore Teysseire a toujours été indépendante. La preuve? Après avoir grandi à Rolle, elle part vivre trois mois à Bâle à 16 ans, une expérience qui lui apprend à s’adapter à un nouvel environnement. Elle découvre l’importance des relations humaines. Une leçon que sa mère lui a souvent répétée: «Le réseau, c’est important!»
La médecine et le droit se disputent un temps  ses préférences. C’est finalement le droit qui l’emporte. Elle est séduite par la rigueur de la discipline et le travail d’analyse qu’elle exige: réunir les faits, les confronter aux lois et construire une défense solide. «Un travail d’Hercule Poirot», résume-t-elle. Devenue avocate, elle réalise toutefois qu’il lui manque une dimension politique. Elle a parfois le sentiment d’être «un scribe procédural», trop éloignée du bon sens et des réalités du terrain.
Faire bouger les choses
La FER Genève (Fédération des entreprises romandes) lui ouvre de nouvelles perspectives. Elle découvre le rôle des associations professionnelles, leur influence sur les décisions publiques et le travail de fond qui précède une évolution législative. Les échanges avec les élus et les auditions au Grand Conseil lui révèlent les coulisses du fonctionnement institutionnel. «Nous disposons du potentiel de faire réellement bouger les choses et façonnons l’actualité», souligne-t-elle.
Le commerce de détail, estime-t-elle, ne se limite pas aux achats du quotidien. Il participe à l’animation des rues et à la vitalité de la ville, en lien étroit avec la restauration, l’hôtellerie, l’événementiel et les transports. «Je veux pouvoir continuer à arpenter des rues animées, échanger avec des commerçants, être conseillée  lorsque je suis en quête de produits particuliers.» Elle défend une cité qui vibre, où les échanges humains ne sont pas remplacés par les seuls clics sur Internet.
Trouver le juste équilibre
Le métier de secrétaire patronale réunit les dimensions qui lui manquaient: le juridique, la politique, la communication et le contact humain. Sa nomination, en septembre 2025,  à la tête du Département des associations professionnelles de la FER Genève marque une nouvelle étape. Elle veille désormais à ce que  les quelque 80 secteurs représentés disposent des moyens nécessaires pour promouvoir leurs intérêts et contribuer au dynamisme de l’économie genevoise. 
Ses prochains combats sont déjà identifiés.  Le premier concerne l’accessibilité des commerces, aussi bien pour les fournisseurs que pour la clientèle. Mobilité, aménagement du territoire, travaux et manifestations qui entraînent des blocages de rues: autant de facteurs qui peuvent compliquer, voire entraver, l’activité commerciale. Elle entend agir sur ces différents leviers afin que boutiques et artisans puissent continuer à accueillir leurs clients, à être approvisionnés dans de bonnes conditions et à  préserver leur attractivité.
Une autre de ses priorités est de maintenir autant que possible une égalité de traitement entre le commerce physique, en ligne et les acteurs étrangers, en veillant à légiférer de manière cohérente et à appliquer les lois dont nous nous dotons. Enfin, elle entend accompagner l’évolution des habitudes de consommation, qui oblige les commerçants à se renouveler sans cesse et à rester compétitifs. Encore faut-il leur en laisser le temps. «Il est essentiel de pouvoir se renouveler sereinement, sans devoir lutter chaque jour pour simplement continuer à exister», souligne-t-elle.
Pragmatique et tournée vers l’avenir, Flore Teysseire veille aux grains. La Genève commerçante doit conserver sa place au cœur d’une cité effervescente.

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