«Hamnet», fils perdu de Shakespeare

Rédigé par
Thomas Lécuyer
Culture & Loisirs

DEUIL - Hamnet trace deux trajectoires distinctes qui se nourrissent: la perte d’un enfant et l’enfantement d’une œuvre, en suggérant comment cette tragédie pourrait avoir nourri le geste créatif de Shakespeare.

La réalisatrice oscarisée Chloé Zhao signe une œuvre délicate, tirée du roman éponyme de Maggie O’Farrell, qui s’inspire librement de la vie personnelle de William Shakespeare. Ici, le deuil intime de deux parents qui perdent un enfant rencontre la création d’une œuvre universelle. Le film n’est pas un biopic de Shakespeare, mais une vision d’artiste sur un événement que l’histoire effleure à peine: la mort de son fils Hamnet, dans une catharsis vibrante autour du deuil et de la perte, de la création et de l’amour. 

Au cœur du film se trouve Agnès (Jessie Buckley, bouleversante d’intensité), épouse du dramaturge, mais surtout femme-médecine, presque chamane, habitée par un savoir ancestral, une intuition profonde du vivant. Le film la suit dans sa maternité, mais aussi dans sa relation fusionnelle avec la nature. Hamnet trace deux trajectoires distinctes qui se nourrissent: la perte d’un enfant et l’enfantement d’une œuvre, en suggérant comment cette tragédie pourrait avoir nourri le geste créatif de Shakespeare, pour mieux faire émerger la part universelle du récit.

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