
«Enfin un verdict qui est un camouflet pour la direction et son enquêtrice.» C’est en ces termes que le syndicat SSP salue une décision de la commission de recours de l’Aéroport après des accusations de racisme et de sexisme. «Depuis de nombreuses années, une travailleuse originaire d’Afrique dénonçait et signalait à ses responsables des discriminations raciales et de genre (…). Après plusieurs années de procédures, la victime vient de gagner. Nous saluons le courage et la détermination de cette femme. Puissent servir d’exemple sa ténacité dans cette bataille et la reconnaissance par une instance judiciaire de la peine qu’elle a endurée!», espère le secrétaire syndical Jamshid Pouranpir dans un communiqué. Conséquence? Le SSP exige aujourd’hui la réintégration de la travailleuse.
Régie publique
«Ces pratiques sont indignes d’une régie publique placée sous la surveillance du Conseil d’Etat. Les responsables du racisme, du sexisme, ainsi que la complicité des ressources humaines doivent être sanctionnés. De toute évidence, le règlement interne pour la protection de la personnalité sert de «cache-sexe» à une violence qu’on espérait révolue», écrit le secrétaire syndical.
De son côté, l’Aéroport affirme se rallier aux conclusions du rapport d’enquête externe, qui, lui, exclut l’existence d’une situation de harcèlement. «La direction de Genève Aéroport souhaite réaffirmer avec force qu’elle ne tolère aucun comportement susceptible de constituer une atteinte à la personnalité ou toute autre forme de discrimination. Sur la base des faits établis dans le cadre de l’enquête, Genève Aéroport a estimé qu’il existait des motifs justifiés de mettre un terme au contrat de travail de la collaboratrice concernée.»
Bonnes pratiques
Et de rappeler que l’institution dispose d’un dispositif destiné à rappeler les bonnes pratiques à adopter dans le cadre professionnel, et d’autre part, à informer les personnes s’estimant lésées des moyens à leur disposition pour signaler d’éventuels comportements inappropriés. «Chaque situation signalée est ainsi traitée», détaille Ignace Jeannerat, porte-parole.
Concernant la différence d’appréciation, la direction de l’Aéroport note que la Commission de recours «en a jugé autrement». Elle indique étudier la possibilité de faire recours.