«Victor comme tout le monde», entre père, fille et… Victor Hugo !

Rédigé par
Thomas Lécuyer
Culture & Loisirs

COMÉDIE DRAMATIQUE – Touchant, ce film rend un hommage évident à la langue d’Hugo et en fait la matière d’une reconstruction poétique du lien entre un père et sa fille.

Il y a dans le dernier film de Pascal Bonitzer quelque chose de l’essence même de Fabrice Luchini. Il faut dire que le cinéaste et le comédien se connaissent bien. Dans «Victor comme tout le monde», Luchini, l’éternel amoureux d’Hugo à la ville comme à la scène, se livre à un exercice de miroir aussi ludique que touchant, où il semble se mettre lui-même en scène. Les pistes sont volontairement brouillées, jusque dans le nom du personnage : Robert est en effet le véritable prénom de Luchini, tandis que Fabrice est aussi celui du personnage qu’il incarne à l’écran… Vous suivez ? 

Grâce et douceur...

Ce jeu de reflets nourrit un récit où l’identité du personnage et de l’acteur se confondent parfois, jusqu’à se demander combien il y a de Luchini dans ce Zuchini qui traîne une douce mélancolie lorsqu’il n’est pas sur scène, même si chaque soir il remplit les salles en transmettant son amour des mots. Arrive le jour fatidique  où réapparaît sa fille, qu’il n’a pas vue grandir, l’acteur ayant effacé le père. Le film rend un hommage évident à la langue d’Hugo et en fait la matière d’une reconstruction poétique du lien entre un père et sa fille. À travers les mots, les maladresses et les élans, c’est toute une relation qui se réinvente dans un film plein de grâce, de douceur, de verve et de tendresse.

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