PLAINPALAIS • L’installation d’un «théâtre mobile» pour accueillir la Revue genevoise 2026 sur la plaine de Plainpalais inspire-t-elle la Ville de Genève? Celle-ci envisage-t-elle d’autres animations culturelles au sein de cet espace érigé sur cette vaste place? Rencontre avec Joëlle Bertossa, conseillère administrative, chargée de la culture et de la transition numérique.
– GHI: Quels sont les changements consécutifs à l’installation de la structure de la Revue sur la plaine de Plainpalais?
Joëlle Bertossa: L’installation de la structure de la Revue introduit un usage temporaire supplémentaire de la plaine. Concrètement, cela implique une occupation partielle de l’espace ainsi que la mise en place d’une infrastructure technique temporaire (plusieurs tentes), acquise par l’association des Amis de la Revue et financée par des soutiens publics et privés. Cela reste toutefois encadré, limité dans le temps et compatible avec les autres usages de la Plaine, dont le Cirque de Noël en 2027-28.
– Si la création de cette infrastructure théâtrale peut susciter des craintes, n’est-elle pas au contraire une formidable occasion de mieux «exploiter» l’immense place du cœur de Genève?
La plaine de Plainpalais est historiquement un lieu d’usages multiples: marchés, fêtes, manifestations, pratiques sportives ou culturelles. L’accueil d’une infrastructure théâtrale s’inscrit dans cette tradition. L’enjeu est précisément de trouver un équilibre entre animation, accessibilité et respect du voisinage et des usages existants. Et c’est en effet une belle opportunité de présenter une production théâtrale phare de Genève sur cette place centrale.
– N’est-ce pas là, en outre, une occasion de mieux anticiper de futurs aménagements temporaires?
En accord avec l’association des Amis de la Revue, cette infrastructure pourra, en effet, être utilisée ultérieurement sur le territoire cantonal par d’autres entités culturelles, mais également les collectivités publiques dont la Ville de Genève qui en a financé une partie. Cela à d’autres fins événementielles et culturelles.
– Au vu du manque de lieux disponibles, cette installation provisoire ne peut-elle pas devenir pérenne?
La vocation de cette installation est clairement temporaire. La plaine de Plainpalais est un espace public majeur qui doit rester flexible et disponible pour une grande diversité d’usages.
La question du manque de lieux culturels est réelle, mais elle doit être traitée dans un cadre adapté, avec des infrastructures pensées pour durer, intégrées dans une planification urbaine cohérente. Pérenniser une installation provisoire sur la Plaine ne serait pas conforme à cet équilibre.
– Quelles mesures ont été mises en place pour limiter les nuisances (bruit, circulation, accès) pour les riverains et les usagers de la plaine?
Plusieurs mesures ont été prévues afin de limiter les impacts: encadrement strict des horaires d’exploitation et de montage/démontage; dispositifs de gestion du bruit, avec des seuils à respecter et un suivi; Organisation des accès et de la circulation, notamment pour les livraisons ainsi que le public et maintien des cheminements piétons et des usages essentiels de la plaine. L’objectif est clair, il s’agit de permettre une activité culturelle de qualité tout en garantissant une cohabitation respectueuse avec les habitants et les usagers.