SANTÉ PUBLIQUE - Une étude souligne que les femmes résidant dans les quartiers les plus défavorisés participent davantage au programme cantonal dépistage du cancer du sein.
Fondée sur plus de 482 000 invitations envoyées entre 2003 et 2020, une recherche, menée par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), l’Université de Genève (UNIGE), l’EPFL et la Fondation genevoise pour le dépistage du cancer représente l’analyse spatio-temporelle la plus détaillée jamais réalisée sur le dépistage du cancer du sein en Suisse. Elle révèle que les femmes résidant dans les quartiers les plus défavorisés présentent les taux de participation au programme cantonal de dépistage du cancer du sein les plus élevés. Cet écart entre zones plus et moins favorisées, déjà constaté en 2003, n’a cessé d’augmenter au fil du temps. Ce résultat suggère que le programme genevois atteint efficacement son objectif de réduction des inégalités en matière de santé et d’accès au dépistage.
L’étude ne présente néanmoins pas de données sur le dépistage dit opportuniste, c’est-à-dire la participation à la mammographie en dehors du programme de dépistage organisé. Les auteurs formulent l’hypothèse que les femmes résidant dans les zones plus aisées recourent davantage au dépistage en privé, ce qui n'est pas relevé dans les données présentées dans cette étude. Des études complémentaires devraient être menées pour mieux comprendre le taux de couverture global par quartier, afin de cibler avec plus de précision les zones prioritaires où la sensibilisation devrait être renforcée.
Cancer le plus fréquent
En Suisse, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent et le plus mortel chez les femmes, touchant chaque année plus de 6 500 femmes et causant environ 1 400 décès. Les progrès réalisés dans le traitement et la détection précoce grâce au dépistage du cancer du sein (DCS) ont contribué à la baisse de la mortalité au cours des dernières décennies.
La Suisse présente un contexte unique, car elle est l’un des rares pays européens à ne pas disposer d’un programme national de dépistage, les programmes cantonaux étant mis en œuvre de manière hétérogène. Le programme genevois, lancé en 1999, vise à offrir un accès au dépistage du cancer du sein aux femmes du canton de 50 ans et plus vivant dans le canton, en mettant l’accent sur la réduction des obstacles financiers et l’amélioration de la sensibilisation du public à la prévention du cancer.