ESPACE PUBLIC • Les deux formations demandent des mesures pour rendre Genève plus propre.
«Restaurer la salubrité et la tranquillité publiques à Genève.» C’est le nom d’une proposition de motion déposée par le MCG mardi 3 mars dernier. La formation politique estime en effet qu’il s’agit de prendre des mesures pour lutter contre la prolifération de matelas, couvertures et autres objets déposés «de manière indue» sur les trottoirs, et qui gênent l’accessibilité au domaine public. «La vie des riverains s’en trouve affectée et l’image de Genève nettement dégradée. Le Règlement sur la salubrité et la tranquillité publiques du 20 décembre 2017 en son article 14, lire encadré) interdit le dépôt ou l’abandon d’objets sur le domaine public sauf exceptions clairement spécifiées», affirme notamment le parti, ajoutant que des blocages institutionnels semblent faire obstacle à l’exécution effective des normes légales en vigueur.
En plus d’adopter des mesures concrètes, le Conseil d’Etat est invité à clarifier les rôles respectifs du Canton et des communes afin de mettre fin au «dysfonctionnement résultant des blocages institutionnels rapportés dans la presse quotidienne».
«Apparemment, la Ville de Genève semble se heurter à des obstacles entravant sa capacité à gérer efficacement son domaine public. Une clarification du cadre d’intervention des différents acteurs en l’espèce doit être opérée en urgence. Il est impératif que les habitants de Genève puissent vivre dans un cadre harmonieux qui garantisse la propreté, la sécurité et la tranquillité publiques», conclut le MCG.
DIN critiqué
De son côté, le Centre combat lui aussi l’insalubrité via une résolution déposée au Grand Conseil. Dans son viseur, le département de Carole-Anne Kast, le Département des institutions et du numérique (DIN), accusé d’empêcher les communes d’effectuer les opérations habituelles de débarras des campements sauvages.
«Accumulation de déchets, désordre, insalubrité: ce blocage administratif a des conséquences bien visibles en Ville de Genève et dans de nombreuses communes du canton. Alors que le mécontentement monte au sein de la population, les élus locaux sont maintenus dans le flou et entravés dans leur action. Cette situation ubuesque a assez duré! Il ne faut pas confondre gestion humaine de la mendicité avec inaction et laisser-faire. La qualité de vie des riverains et la propreté de l’espace public ne doivent pas devenir une variable d’ajustement dans les querelles d’interprétation entre juristes», écrivent notamment les signataires.
Autre demande? La rédaction d’une loi-cadre ainsi que la mise en œuvre de solutions simples et pratiques, en collaboration avec les associations et les communes, pour conserver les objets de valeur des personnes sans-abri.