COMMERCE • Plusieurs habitants du quartier dénoncent le fait que de telles surfaces puissent rester vacantes pendant près d’un an. Ils appellent les autorités à agir. La Ville de Genève assure qu’elles sont justement en passe d’être réaffectées.
«On sait que ces arcades intéressent du monde. C’est inadmissible que les autorités ne fassent pas leur possible pour qu’elles servent à quelque chose. Des vitrines abandonnées, ce n’est bon nulle part pour la vie et le lien social, particulièrement dans un quartier comme les Grottes», regrette Morten Gisselbeak, qui travaille et vit non loin de là. Et pour cause, au 17 - 19 rue des gares, un lieu on ne peut plus central, trois devantures prennent la poussière depuis près d’une année. L’une d’elles a même une vitre cassée. «Nous savons que Monsieur Gomez a été contacté, mais il ne se passe rien. C’est désespérant», ajoute Christian, qui vit lui aussi tout près de là, à deux pas des Grottes.
Les riverains rappellent qu’auparavant, une association occupait les lieux. Mais depuis sa fermeture, plus rien.
Contactée, la Ville de Genève se dit au courant de cette situation, qui ferait l’objet «d’une attention particulière» de sa part. «Consciente des besoins du quartier, la Municipalité a priorisé la reprise de ces arcades par des associations genevoises à but social. Ce choix traduit la volonté manifestée par la Ville de Genève de renforcer la présence d’associations sociales dans le quartier, afin de favoriser et renforcer le vivre ensemble ainsi que les liens sociaux. Ces trois arcades ont ainsi été réattribuées au mois de juin à trois associations dont les contrats sont en cours de signature», répondent les autorités.
Mais alors, quand ces arcades seront-elles à nouveau des lieux de vie? «Le processus d’attribution des arcades de la rue des gares s’est réalisé de manière coordonnée entre les différents départements réunis au sein du Comité d’attribution immobilière (COATTRIM). En raison de l’état des locaux, une étude préalable a dû être réalisée par la Direction du patrimoine bâti, afin de déterminer leurs usages potentiels et les travaux à prévoir. Chaque département a alors pu faire part de l’intérêt manifesté pour chacun des espaces. Les attributions à des associations genevoises à but social ont été effectuées le 23 juin 2026 de manière collégiale. L’occupation pourra être effective dès la fin des travaux de rénovation nécessaires», assure la Ville, sans donner davantage de précision sur une date. Il faudra donc encore être patient.
Que fait la Ville pour ses surfaces vides?
L’attribution des arcades du patrimoine financier de la Ville de Genève est régie par le Règlement fixant les conditions d’attribution et de location des locaux commerciaux et des établissements publics (LC 21 533). Les critères d’attribution y sont précisés, principalement la prise en compte des besoins de la population, du tissu socio-économique du quartier et la priorité aux commerces de biens et services de proximité orientés vers la production ou la transformation locale, l’économie circulaire ou la durabilité (art. 10). Le règlement fixe également les principes généraux (art. 4), notamment la prise en compte d’un objectif de rendement, le respect du plan directeur communal et le règlement relatif aux plans d’utilisation du sol de la Ville de Genève.
L’attribution des locaux commerciaux est de la compétence d’une commission, nommée par le Conseil administratif en début de législature, composée de membres de l’administration (art. 8). La commission s’adjoint aussi, à titre consultatif, la collaboration du directeur de la Fondetec.
A noter qu’une décision du Conseil administratif de 2012 vient compléter le dispositif. Si la surface de l’arcade est supérieure à 200 m², la Gérance immobilière municipale (GIM) doit la soumettre avant toute mise en location au COATTRIM, qui évalue si le local peut répondre à un besoin de l’administration. Il s’agit, dans un objectif de gestion responsable des finances publiques, d’éviter une location sur le marché privé généralement plus onéreuse.
Pour les surfaces inférieures à 200 m², la GIM cherchera avant tout des locataires payants, qui seront sélectionnés par la commission. Ce n’est que si l’arcade ne trouve pas preneur que le dossier est transféré au COATTRIM. Celui-ci affectera les locaux en priorité aux services de la Ville et ensuite aux besoins des tiers subventionnés. Comme mentionné ci-dessus, dans le cas de la rue des Gares, l’Exécutif a souhaité déroger à cette procédure pour attribuer ces arcades en priorité à des associations pouvant renforcer les solidarités de voisinage.
A noter qu’au 19 août 2026, une seule arcade était disponible à la location. Six surfaces sont situées dans des immeubles en rénovation et seront louées une fois les chantiers achevés, trois font l’objet de travaux et seront bientôt à disposition.