
Municipales 2025 • En lice pour l’Exécutif de la Ville de Genève, Simon Brandt veut mettre en place un lanceur d’alerte.
Acquitté des accusations de violation du secret de fonction et après une arrestation éprouvante, Simon Brandt veut conquérir le Conseil administratif de la Ville. Sous la bannière de Libertés et justice sociales (LJS), le candidat déroule un programme qu’il veut arrimer à des mesures concrètes.
GHI: Vous préconisez un renforcement du contrôle interne de l’administration ainsi qu’un audit de fonctionnement de l’ensemble des départements? A quelles fins? Est-ce à dire que la fonction publique dysfonctionne aujourd’hui? Simon Brandt: Lorsque vous emménagez dans un appartement, vous procédez à un état des lieux afin de repérer les dysfonctionnements et les vices cachés. Ceci pour éviter qu’on vous les impute par la suite mais aussi et surtout pour pouvoir les réparer. C’est pour cela que je pense nécessaire de procéder à un tel audit qui pourrait être confié à la Cour des comptes ou à un prestataire externe. Dans le même temps, le renforcement du contrôle interne permettrait de diminuer l’apparition de dysfonctionnements. L’action politique du magistrat en charge des Finances, Alfonso Gomez, va dans ce sens mais on peut faire encore mieux.
Dans le même temps, vous proposez la mise en place d’un lanceur d’alerte et de transparence au sein de l’administration.
Jugez-vous le travail de cette dernière opaque?
Le terrain ne ment jamais. Un fonctionnaire qui constate des dysfonctionnements avérés doit ainsi pouvoir les dénoncer à l’interne, que ce soit auprès du conseiller administratif ou du contrôle interne, en toute sécurité et sans crainte de recevoir une sanction. Cela passe aussi par une meilleure écoute des commissions du personnel et des syndicats.
Votre campagne parle beaucoup de «mesures concrètes»? A quoi faites-vous référence?
Prenons l’exemple de la petite enfance. L’offre de places en crèche ne parvient pas à suivre la demande malgré tous les efforts de la magistrate en charge, Christina Kitsos. Certains parents se retrouvent ainsi sans aucune aide faute de bénéficier d’une place et ce n’est pas juste. Je propose ainsi le financement de modes de gardes d’enfants alternatifs à la crèche par le biais de bons de garde. En l’espèce, il s’agit d’une subvention – de l’ordre de 2000 francs par mois – qui serait directement versée aux parents qui pourront l’utiliser autrement que pour une crèche: réduire leur taux de travail pour s’occuper de leurs enfants ou rémunérer avec cette somme une garde familiale ou une maman de jour.
Une autre mesure, dans la droite ligne de l’action politique du conseiller d’Etat Pierre Maudet qui a obtenu la gratuité de l’abonnement TPG pour les jeunes jusqu’à 24 ans et un rabais de 50% pour les bénéficiaires de l’AVS/AI, nous proposons un financement complémentaire de 50% à charge de la commune afin que les aînés puissent bénéficier eux aussi d’un abonnement TPG offert.
Vous réclamez une application stricte de la loi sur la laïcité dans les services municipaux? Avez-vous des cas de non-respect de cette loi?
Je veux couper court à toute tentative de créer du communautarisme. Un fonctionnaire n’a pas à porter de signe religieux distinctif sur son lieu de travail, pas plus que le burkini n’a sa place dans les piscines municipales. Il y a 400 communautés religieuses qui vivent côte à côte à Genève, nous devons préserver cet équilibre et permettre à chacun de vivre sa foi pour autant qu’elle n’empiète pas sur la liberté des autres.
Vous souhaitez mettre fin au harcèlement administratif? Qu’entendez-vous par là?
Vous avez aujourd’hui davantage de chance de vous faire sanctionner par la police municipale en tant que restaurateur si votre terrasse dépasse de quelques centimètres, ou si vous avez mal parqué votre véhicule, que si vous êtes un dealer de drogue. Nous devons encadrer et encourager l’initiative privée, créatrice d’emplois et de prospérité, plutôt que de limiter et interdire. Et surtout se concerter davantage avec les habitants et les PME, l’administration doit être à leur service et non l’inverse.
Vous proposez de dédommager les riverains en cas de nuisances sonores et sanitaires avérées, en quoi cela consiste-t-il?
Lorsque les normes sur le bruit (OPB) ne sont pas respectées en raison de la circulation ou d’établissements bruyants ou que des nuisances sécuritaires et sanitaires impactent tout un quartier, nous ne pouvons plus nous contenter de dire aux habitants de vivre avec. Je propose ainsi de verser un dédommagement financier aux riverains lorsque des nuisances sont dues à la présence de structures comme le Quai 9 ou au manque de diligence de l'Etat. Car si dans certains cas on ne peut pas les supprimer, on doit au moins les compenser.
A propos de la sécurité? Pouvez-vous expliquer ce que vous entendez par extension et lissage des compétences des agents de police municipale (APM)?
Je souhaite mettre en place une police coordonnée (comme dans le canton de Vaud) soit concentrer les APM sur les missions de proximité et libérer ainsi les policiers cantonaux pour les missions sécuritaires. Il s’agira ensuite d’étendre les compétences des APM afin qu’ils effectuent leurs missions sans requérir systématiquement l’assistance de la police cantonale. Enfin, il convient d’augmenter les fréquences de nettoyage des rues et de levées des écopoints afin que Genève redevienne une ville où il fait bon vivre.