Le Collège Voltaire est désormais un «bâtiment digne de protection»

Genève

PATRIMOINE - Bâtiment emblématique de l’histoire scolaire genevoise, le Collège Voltaire est inscrit à l’inventaire des bâtiments dignes de protection. Cette mesure vise à préserver ses qualités architecturales.

Construite entre 1912 et 1914 par les architectes Georges Peloux et Maxime de Rham, l’ancienne Ecole supérieure de jeunes filles – aujourd’hui Collège Voltaire – constitue un repère majeur du front sud de la rue Voltaire et un témoin emblématique de l’histoire scolaire genevoise. 

Pensé dès l’origine comme un établissement d’enseignement moderne pour son époque, le bâtiment incarne l’ambition de l’Etat de doter Genève d’infrastructures éducatives durables, fonctionnelles et représentatives de l’importance accordée à la formation des jeunes générations. A la suite d’un incendie, le dernier étage fut reconstruit en 1970 par l’architecte Jean-Pierre Dom, qui réalisa également l’agrandissement méridional, afin de répondre à l’évolution des besoins pédagogiques et à l’augmentation des effectifs scolaires. 

Style de transition

De composition monumentale, l’édifice associe plusieurs volumes, avec deux corps massés au nord et un long corps rectangulaire au sud, le long de la rue de l’Encyclopédie. Elevé sur quatre niveaux, puis cinq après 1970, il est dominé par une toiture à croupes et flèche de cuivre. Les façades présentent une expression accompagnée d’une ornementation soignée, tandis que les cages d’escalier de la façade méridionale, marquées par leurs lignes diagonales, renforcent le dynamisme de la composition. 

Malgré la surélévation et l’adjonction d’un porche dans les années 1970, l’édifice a conservé une large part de sa substance architecturale d’origine, notamment les huisseries en bois, la porte d’entrée en plein cintre et l’horloge donnant sur la rue Voltaire. Par son envergure, la qualité de sa construction et son style de transition entre Heimatstil et classicisme, il témoigne du mouvement de « retour à l’ordre » qui, dès 1910, marque à Genève la fin des expérimentations de l’Art nouveau.

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