Sécurité • L’une des plus grandes places de Suisse est aussi le théâtre de délits et incivilités. Pour les autorités de la Ville, l’espace figure parmi les zones prioritaires d’intervention.
Alors que le Théâtre de la Plaine s’apprête à accueillir la Revue, les nuisances nocturnes autour de l’esplanade inquiètent son nouveau locataire. Bouteilles lancées, tentatives de vol et présence de dealers compliquent l’installation. La Ville assure que le site fait l’objet d’une surveillance régulière.
Le jour, un calme relatif règne sur la plaine de Plainpalais. Mais dès la nuit tombée, l’atmosphère change. Aux quelques fumeurs de joints croisés de loin en loin sur les bancs qui bordent l’esplanade s’ajoutent des dealers et des voleurs à la petite semaine.
L’espace qui borde le skate park
Pour Frédéric Hohl, producteur de la Revue genevoise, la situation est apparue au moment de prendre possession des lieux. A tel point que le cirque Knie, qui occupait l’espace juste avant lui, a généreusement mis des barrières à sa disposition afin de protéger la nouvelle infrastructure. Lequel Knie d’ailleurs lui a confié que sur l’ensemble de la tournée du cirque en Suisse, Genève serait la seule ville où des barrières sont mises en place.
«Je trouve particulièrement significatif que le cirque n’installe des barrières que dans notre canton. Cela laisse tout de même penser que les problèmes de voisinage et de sécurité sont particulièrement importants. Et puis, le Cirque de Noël a lui aussi été confronté aux mêmes nuisances. De notre côté, nous avons même été contraints d’installer un système d’alarme pour protéger notre structure. Ces différents éléments méritent d’être pris en considération dans l’évaluation objective des problèmes et des contraintes liées à l’occupation de la plaine de Plainpalais», déplore le producteur. Et d’ajouter: «J’aurais préféré que nos chapiteaux puissent être placés plus au centre, et non dans le périmètre jouxtant le skatepark, qui se trouve davantage dans la pénombre. Ce sont des bouteilles en pagaille qui sont jetées en direction du théâtre. Quand ce ne sont pas des tentatives de vol. Sans oublier, les nombreuses nuisances sonores durant toute la nuit, notamment en raison de l’utilisation de sonorisations portables», affirme-t-il.
Espace public très fréquenté
Du côté de la Ville de Genève, on rappelle que la plaine de Plainpalais est un lieu de vie qui accueille une grande diversité d’activités tout au long de l’année. Manifestations associatives, institutionnelles, culturelles, sportives, artisanales ou festives se succèdent sur cette vaste place. Son attractivité est également renforcée par la présence de nombreux établissements publics et commerces sur son pourtour, qui génèrent une fréquentation importante aussi bien le jour que la nuit.
«Les autorités sont conscientes que ce site draine tout au long de l’année diverses nuisances, pas uniquement sonores», indique Cédric Waelti, conseiller de direction au Département de la sécurité et des sports (DSSP.) Pour y répondre, le secteur fait l’objet d’une attention constante de la police municipale. Les chiffres communiqués par la Ville témoignent d’ailleurs de cette présence. Depuis le début de l’année, les agents ont mené 149 missions sur le site, représentant près de 350 heures d’engagement. Sans compter les opérations conjointes avec la police cantonale, organisées tout au long de l’année.
Nombreux contrôles
Depuis la fin du mois d’août, près de 85 personnes ont ainsi été contrôlées dans le cadre de ces opérations. Celles-ci ont débouché sur différentes contraventions, des saisies et même des arrestations, notamment pour des infractions liées aux stupéfiants notamment.
Pour la Ville, les difficultés observées ces dernières semaines ne sont toutefois pas inédites. La plaine de Plainpalais connaît régulièrement une recrudescence des cas en été et au début de l’automne, lorsque les températures clémentes favorisent les rassemblements en plein air. La police municipale entend néanmoins maintenir sa présence sur le site tout au long de l’année. Le secteur figure d’ailleurs parmi les zones prioritaires d’intervention