
Une étude mandatée par le Conseil administratif de la Ville de Genève démontre que la grande majorité des achats dans les commerces genevois s’effectue à proximité de chez soi, sans avoir besoin de recourir à l’automobile. La piétonnisation des rues ne serait donc pas un frein à l’activité commerciale.
« Les idées reçues sur la nécessité d’accessibilité aux commerces en voiture méritent d’être déconstruites par des études et de la pédagogie, car cela relève plutôt de la légende urbaine » C’est en ces termes que le conseiller administratif Alfonso Gomez commente les résultats de l’étude «Les modes de transport utilisés par les clients des commerces en ville de Genève» menée par le bureau 6T. Selon celle-ci en effet, la piétonnisation des rues commerçantes est bénéfique aux échoppes qui la bordent.
De manière plus précise, cette enquête menée dans 4 secteurs de la ville (Rues basses, Eaux Vives, Servette et Plainpalais) révèle que 41% des clients se déplacent à pied, 32% en transport en commun, 10% à vélo et 10% en voiture pour effectuer leurs achats. De plus, montant théorique moyen dépensé par mois par les piétons dépasse celui des personnes utilisant d’autres modes de transport.
Un travail de pédagogie important
L’étude montre également un véritable décalage avec l’opinion des commerçants qui de leur côté souhaitent plutôt une amélioration de la circulation et du stationnement automobile. Ces derniers soulèvent également une cohabitation difficile entre les cyclistes et les piétons ainsi qu’une insatisfaction marquée sur le sujet des places de livraison.
Pour Alfonso Gomez, « il faudra persévérer en communication et pédagogie en direction des commerçants, car en réalité la piétonnisation est une recette qui marche. On se focalise sur la piétonnisation, mais on est à côté des véritables questions du petit commerce, plus préoccupé par le remboursement des prêts covid. »
Des réalisations qui montrent des commerçants réticents puis conquis
Malgré leur ressenti, les commerçants plébiscitent majoritairement la piétonnisation une fois celle-ci mise en place. La conseillère administrative Frédérique Perler rappelle : « Nous avons fait sur le quai des Bergues une expérience progressive. Nous avons d’abord réalisé un arrêté provisoire jusqu’à l’automne, ce qui a au départ déclenché les cris des commerçants. Toutefois à la fin de ce test, ce sont les commerçants eux-mêmes, qui ont demandé un arrêté définitif dans ce sens. » Même succès dans la Rue des rois, la Place de la Synagogue et les 3 rues des Rives Port, Prince et Tour Maîtresse. « Les restaurateurs ont pu y déployer de belles et grandes terrasses pour le plus grand plaisir des consommateurs et du chiffre d’affaires ». Plusieurs réhabilitations sont ainsi prévues rue de Carouge, rue de la Rôtisserie et secteur de Rive.