Pont-Rouge: un quartier 
qui huile sa clef de contact

Rédigé par
Viviane Scaramiglia
Genève

Mixité • Ce quartier incarne une volonté politique de faire des lieux, un endroit où il fait bon vivre. Mission accomplie!

Caractérisé par une forte mixité sociale et culturelle, le quartier lancéen de 1700 habitant relève haut la main le défi du bien vivre ensemble. Une dynamique portée par la première coordinatrice de quartier de la Ville de Lancy.
Pont-Rouge, 1700 habitants, une école, une crèche, une promenade piétonne, des esplanades publiques, une gare du Léman Express et la priorité donnée à la mobilité douce. Et la volonté politique de faire de ce nouveau morceau de ville un lieu où il fait bon vivre. L’audacieux projet d’innovation sociale est orchestré, depuis novembre 2020, par Odile Magnenat. Première coordinatrice de quartier de la Ville de Lancy, elle se frotte quotidiennement à la réalité du terrain. «Ce que j’aime ici, c’est la mixité sociale. Il y a de nombreuses familles avec de jeunes enfants, des seniors, des étudiants. 80% des 640 logements sont d’utilité publics (LUP), le solde est composé de PPE et de loyers de toutes catégories.» Créer des ponts, c’est la mission de ce métier tout récent qui vise la cohésion sociale et une qualité de vie misant sur le bien-être, l’intégration, la convivialité et l’animation. Le bilan positif est tel que la Commune a étendu le modèle au quartier de Surville et Tivoli en 2025 et fera de même dans cinq autres dès 2026, tandis que l’Etat, partenaire du projet pilote, entend l’implanter dans les nouveaux quartiers. Mettre la main à la pâte, voilà qui sied à cette diplômée en géographie et développement territorial qui n’avait pas envie de s’enfermer dans un bureau d’urbanisme.
L’art de «faire quartier»
Le mur CFF délimitant le quartier a récemment pris des couleurs joyeuses rythmées par des dessins d’enfants. C’est le résultat d’un projet participatif de l’association Destination 27. Une initiative parmi d’autres issues de divers organismes partenaires et associations, dont la réalisation est facilitée par Odile Magnenat. Chargée de fluidifier les relations entre toutes les parties prenantes et de coordonner l’animation du quartier, en étroite collaboration avec l’Association de quartier Pont-Rouge, elle s’attelle aussi à concrétiser les idées d’activités pour tous, telles que des séances de bienvenue aux nouveaux habitants, des cours de français, du sport pour les ados ou des «cafés couture».  Cette façon de  «faire quartier» table sur les liens qu’elle orchestre avec tous les acteurs concernés, les habitants, les fondations immobilières propriétaires, les régies, les concierges, la Maison de quartier, les travailleurs sociaux hors murs ou encore la police municipale. Il y a aussi l’Espace quartier. C’est là que deux fois par semaine, l’infatigable jeune femme tient une permanence pour les habitants. «C’est à la fois un lieu d’accueil, d’information, d’activités et un relais avec la Ville de Lancy en matière de prestations sociales.»
Des manques?
Poussé par la mixité, l’élan de la  convivance s’inscrit aussi dans l’immeuble intergénérationnel pour seniors en âge AVS et étudiants. L’architecture y dessine des circulations et des espaces communs qui favorisent la communication et  les étudiants participent activement  à la vie de l’ensemble en échange d’une réduction de loyer. Cette structure inédite, noble par dessein et altruiste par nature, semble résumer la dynamique de Pont-Rouge.  «Globalement, les gens me disent être contents d’habiter ici. » Un quartier si parfait qu’il n’y manque rien? «Si, plein de choses! Il manque des petits commerces de proximité adaptés aux profils socioéconomiques des gens qui habitent ici. Les arcades sont grandes et donc chères. On attend aussi des locaux pour une Maison de quartier, pour l’heure abritée provisoirement dans l’école.»  Il y a un an, a été inauguré le parc adjacent à l’école, planté d’une centaine d’arbres. Derrière les hautes tours de béton noir, la vie! 

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