NUMÉRIQUE - Votre mot de passe est-il assez solide ? Votre PME pourrait-elle résister à une attaque ? Alors que les cybercriminels frappent chaque jour, la Suisse doit choisir : bureaucratie paralysante ou défense collective intelligente.
Chaque jour, des PME suisses et des particuliers se font pirater. Pourtant, beaucoup pensent encore : « Ça n’arrive qu’aux autres. » Une illusion dangereuse, comme le souligne une récente étude de la RTS : près de 60 % des petites entreprises et des ménages helvétiques sous-estiment les risques numériques, alors que les cybercriminels ciblent justement les maillons faibles. Pourquoi ? Parce qu’un clic sur un faux e-mail ou un mot de passe trop simple suffit à paralyser une entreprise ou à vider un compte bancaire.
La menace est partout, mais invisible
Les attaques ne se limitent plus aux grands groupes. Les hôpitaux, les transports publics, voire les communes sont dans le collimateur. L’expert Jean-Marc Rickli, directeur des risques globaux et de la résilience au Centre de Politique de Sécurité (GCSP) de Genève, le rappelle : « Les réseaux sociaux et les outils numériques sont devenus des armes de guerre. »
La désinformation, les rançongiciels* ou le phishing** ne sont hélas pas que des scénarios de film, mais sont bien réels et touchent de plus en plus de particuliers et d’entreprises. Ces attaques coûtent des millions chaque année à l’économie suisse. Pire, les particuliers sont souvent la porte d’entrée : un smartphone mal protégé peut ainsi servir de tremplin pour s’attaquer à une entreprise entière.
Réglementer n’est pas protéger
Face à ce danger, certains appellent à toujours plus de lois. Mais est-ce vraiment la solution ? L'Union européenne elle-même fait marche arrière : après des années de multiplication des règles, elle reconnaît aujourd'hui que des réglementations trop complexes freinent l'innovation sans améliorer la sécurité.