Protection des animaux: à quand la fin 
d’un incroyable imbroglio?

Rédigé par
Nicolas Grangier
Genève

Focus • Où en est la crise au sein de la Société genevoise protectrice des animaux (SGPA)? Si l’assemblée générale  de l’été dernier a abouti à un nouveau comité directeur,  la situation n’est pas tout à fait assagie, révèlent  les derniers éléments.

Voilà un feuilleton qui a tout d’un méli-mélo où il est difficile de s’y retrouver, même pour les plus concernés. Cet imbroglio a mené à ce que l’organisation soit quasiment reprise de zéro. Retour sur les faits: en février 2025, le directeur et le responsable du secteur chiens ont été licenciés, dans un contexte de tensions et d’accusations de maltraitance des animaux. Pierre de Loës, alors président de l’association, a démissionné de ses fonctions peu avant l’assemblée extraordinaire d’août. Plusieurs mesures ont permis d’adapter et d’améliorer l’organisation du refuge. Certaines décisions, telles que l’ouverture sur rendez-vous ou des ajustements dans les plannings, visaient à mieux répondre aux contraintes et réalités du terrain. 
Des changements qui ont suscité incompréhension et réactions contrastées. «Il y a eu des malentendus sur certains processus, dont les changements de plannings. Il ne s’agissait pas d’incompétence, mais d’une adaptation nécessaire», explique le nouveau responsable chiens, Nicolas Godeau.
Des critiques, mais aussi des soutiens. «Le lieu n’est pas un zoo, mais un lieu d’accueil pour des animaux souvent fragilisés, clame ce dernier. Dans certains cas, leurs anciens propriétaires traversaient des difficultés financières ou de santé, parmi d’autres raisons pouvant conduire  à un abandon. Ce sont des situations complexes, et le quotidien n’est pas toujours simple.» Sur le plan interne, le climat de travail a été alors affecté. L’exposition médiatique a pesé sur  le moral des équipes. Deux dynamiques se sont dessinées: d’un côté, une minorité bruyante sur les réseaux sociaux, relayant critiques et rumeurs; de l’autre, des employés, bénévoles et adoptants poursuivant leur engagement.
Journée ubuesque 
Après une réunion en juillet, des  contestations ont poussé à convoquer une assemblée extraordinaire le 13 août, à laquelle ont participé de nombreux nouveaux membres. Cette journée était ubuesque, car on a compté jusqu’à 80 inscriptions par jour, contre 15 par mois habituellement. Cela a contraint à trouver un système de dernière minute pour procéder à l’établissement des bulletins de votes, et plein de participants n’ont pas respecté les consignes, expliquant différents décomptes. Mais au final, l’huissier a enregistré une confortable avance de 44 voix pour le président Henri Balladur. Actuellement, la SGPA – sur son vaste site de Bernex Vailly –  compte 25 collaborateurs pour le chenil,  la chatterie, l’administration et autres. L’association compte plus de 5400 membres qui cotisent annuellement pour une somme modique, un apport insuffisant.  «Ce sont les dons et legs qui font vivre correctement le refuge, décrit Nicolas Godeau. Parfois, des gens donnent gratuitement du matériel. Les dépenses courantes concernent avant tout les frais vétérinaires, la nourriture ou les litières .» 
Projets en nombre
Depuis l’an dernier, la SGPA développe de multiples projets. «On ne peut éviter quelques critiques, explique sa secrétaire générale, Clara de Coulon, mais il existe plein de belles histoires qui hélas ne sont connues que de nous.» Citons le canicross, la formation des promeneurs bénévoles et éducation canine régulière. «Une autorisation est délivrée par le Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) depuis le 14 novembre», nous a confirmé son service communication. Et les investigations à venir de cette entité cantonale (voir encadré) ne sont pas redoutées par les responsables. Désormais, c’est surtout de sérénité que le refuge de protection des animaux domestiques aurait le plus besoin.

Des péripéties judiciaires 

Les diverses accusations portées par des ex-employés de la SGPA devraient faire l’objet d’une investigation. Une plainte pénale a été déposée auprès de la police, a récemment indiqué La Tribune de Genève. La brigade équestre a déjà entendu au moins un témoin. L’été dernier, des votes auraient été achetés pour permettre de faire réélire le 13 août l’ex-président poussé à la démission, Pierre de Loës. Les mêmes opposants évoquaient davantage de bulletins comptabilisés que distribués. Ils avaient alors actionné le Tribunal de première instance pour une action en annulation, assortie de mesures provisionnelles. Le Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) a également ouvert une instruction récente. Il a entendu au moins deux ex-employés évoquant divers dysfonctionnements. Sollicité, il n’a pas souhaité s’exprimer. Par communiqués, la direction a contesté en bloc toutes les accusations de ces ex-employés. 

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